halima_assali













Mme Assali vient de faire preuve d’un geste d’un extrême élégance et témoignant d’une haute noblesse d’esprit. Elle a déclaré, dans un courrier adressé au magazine Telquel (publié et intitulé « La paix des braves » dans le n° 218 du 25 au 31 mars 2006 dudit magazine), qu’elle renonce purement et simplement à percevoir les 800 000 DH de dommages et intérêts qui lui ont été reconnus de droit par la justice marocaine dans le cadre de la célèbre plainte pour diffamation et du procès qui s’ensuivit (voir article précédemment publié sur cette affaire). Dans son courrier (Lire l’article), Mme Assali blâme les responsables du magazine, depuis le déclenchement du procès jusqu’à son aboutissement et un peu plus longtemps après, selon ses propres mots, de « n’avoir cessé…de justifier l’injustifiable » tout en mettant l’accent sur le caractère mérité du jugement prononcé en sa faveur. Elle déclare avoir vécu de l’amertume, de la souffrance, d’avoir essuyé les ragots, et d’avoir enduré les remarques blessantes et les regards de travers, et qu’ « …aucune somme d’argent ne pourra…(le lui) faire oublier ». Elle précise que son geste n’est guidé par aucun calcul politique, mais plutôt par de l’indulgence « Parce que mon honneur ne sera pas lavé par de l’argent… Vous avez vécu six mois dans l'angoisse de devoir payer cet argent, et l'incertitude quant à l'avenir financier de votre société. Comme j'ai vécu six mois dans la honte d'avoir subi cet affront. Nous sommes quittes », dit-elle.

Cette noblesse d’esprit et l’élégance de ce geste ont été bien entendu saluées par Ahmed Réda Benchemsi, directeur de la publication et de la rédaction de la revue Telquel. Il reconnaît et regrette que la parlementaire se soit sentie « sentie insultée, et a souffert de ce que nous avons publié ». Il la remercie, et remercie ses « partisans » et exprime son souhait de fermer «…définitivement cette malheureuse parenthèse » .

Mais ces excuses sembles maladroites aussi bien sur le plan de la forme que sur le fond.

1- La déclaration de Mme Assali a été publiée à la page 64 du magazine dans le courrier des lecteurs et n’a été signée que des initiales de son rédacteur en chef, en sachant que le magazine ne compte que 66 pages. La moindre des choses pour Ahmed Réda Benchemsi aurait d’y avoir consacré un édito, et de le signer de la même manière qu’il signerait un de ses édito.

2- Cette déclaration a été illustrée dans la version papier du magazine (contrairement à la version on-line) par une photographie représentant Mme Assali, cheveux au vent, maquillée, souriante et portant un caftan de couleur rose. Serait-ce encore de la provocation et une allusion au polémique « caftan de cheikha » ?


Enfin, ils se sont excusés…face aux arguments des chiffres et de l’argent. Maigre consolation, mais contentons-nous en.