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« Sire...qu’est-ce que vous nous chantez là ? »

C’est ainsi qu’a intitulé Si Réda son « édito » de la revue darijophone « Nichane » concernant le dernier discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à l’occasion du huitième anniversaire de son accession au Trône.


Si Réda a également essayé d’enfoncer des portes ouvertes en affirmant que le Roi est le garant de la bonne marche des institutions du Royaume pour essayer de nous expliquer des évidences au cas où nous n’arrivions toujours pas à les saisir, et en « ajoutant un peu de sa tête » lorsqu’il estime que la compétition électorale entre les partis politiques ne peut être envisagée sans la prise en compte des « orientations majeures » qui ne peuvent être remises en question ni discutées puisque faisant l’objet d’un « consensus national » . Message reçu 5 sur 5, monsieur le journaliste.


Si Réda pense également qu’aussi bien les partis politiques que le processus électoral ne servent à rien, que le système politique que Sa Majesté prône « haut et fort » est en lui même la cause de ces « notions nihilistes » qui remettent en cause l’utilité des elections, et que ledit système bloque la transition démocratique de l’Etat. Pas possible !


Mais, suivez moi un peu : Si Réda fait un jeu de mot « boulanger », en se faisant porte-parole des casablancais et en nous expliquant que les trois pouvoirs exécutif, judiciare et legislatif, se « pétrissent bien » entre les mains d’un seul être humain (merci pour le rappel, en passant), il n’y a ni contrôle ni « Moulay Bih » (expression négativiste purement marocaine).

Mais quid du quatrième pouvoir ? Comment le contrôler, s’il s’agit bien d’un pouvoir selon la vision tripartite de Montesquieu ? A-t-on déjà vu une quelconque presse écrite qui se contrôle elle-même ?

Mais attardons-nous un moment sur la forme de l ‘"édito". De quel article journalistique parle-t-on au juste ? D’un "éditorial" maladroitement fignolé à la hâte la veille du congé annuel ? Où d’une vulgaire discussion de café de commerce que notre cher journaliste aurait mis sur écrit lors de ses « investigations nocturnes » ? Si c’est du journalisme respectueux de la plus haute instance du royaume, il est le bienvenu. Et on en a sacrément besoin.

Et maintenant, on devrait qualifier ce laïus comme étant un semblant d’« édito »…mais n’ayant aucun lien étroit avec du vrai journalisme, ni de près ni de loin. Pensez-y, monsieur le journaliste, qui semblez l’avoir écrit en deux temps trois mouvements, et l’avez publié dans un hebdomadaire lu par des milliers de « loyaux lecteurs". Auriez-vous accepté une telle effronterie et un ton aussi hardi si vous en étiez le destinataire ?


A se croire briseur de tabous, on finit par tout banaliser…même l’insolence.