"Cool" Ramdan, pour cet été!

Le je-m’en-foutisme est-il normal ? Est-il bénéfique? Pour qui ? Pour quoi ? Dans quel but ?

Le fait de n'avoir rien à cirer du respect du au jeuneurs pendant la journée est-il une liberté ? Un droit ? Une obligation ?

Pourquoi ce besoin pressant d'ameuter la presse étrangère et de se donner en spectacle devant une chaine de télé que plus personne ne regarde soit dit en passant, lorsqu'on connait la fâcheuse tendance qu'ont certain médias et ONG à passer la pommade aux mécontents et autres révolutionnaires de salon ? Un besoin de consolation ?

Personnellement, je réprouve totalement cet article 222 du code pénal. Les règles de savoir-vivre en société n’ont pas besoin d’être protégées d’un point de vue pénal. Elles n’ont pas besoin d’être imposées par la force : elles s’imposent elles-mêmes. De même que ne peut être imposée par la force le spectacle d’un non-jeûneur qui se baffre en public devant des milliers de jeûneurs. Ce ”spectacle”, cet état de fait, doit être le résultat d’un consensus entre croyants et non-croyants. Or, ce consensus est loin d’être acquis, surtout pendant la période du Ramadan. Le fait de pénaliser cet actes purement provocateurs est une manière comme une autre de dissuader d’éventuels esprits frondeurs de provoquer gratuitement d’autres esprits plus fermés au dialogue, hélas majoritaires dans notre pays. Elle est peut être radicale mais elle reste un palliatif à une situation hautement explosive. Notre pays est constitué à plus de 50% d'analphabètes, et les enfants ne finissent pas toujours leur scolarité et l'éducation civique fait cruellement défaut. Cet article protège les non-jeuneurs plus qu'il n'incrimine leur rupture ostentatoire, parce qu'il n y a pas plus imprévisible et dangereux qu'un mouvement de foule face à un spectacle de rupture publique du jeune. De ce fait ce n'est plus l'article en soi qui est blâmable, mais les possibles réactions des gens confrontés à un tel "spectacle". Et je peux vous assurer que même si ce foutu article venait à être abrogé; chose qui n'a jamais été faite depuis 1963, année de promulgation du code pénal marocain, parce que la dépénalisation est un concept absent du droit pénal marocain; rien ne protégera les non-jeuneurs des regards désapprobateurs encore plus pénibles qu'une loi jugée liberticide. A moins que ces mêmes non-jeuneurs ne réclament, plus tard, l'incrimination de ces mêmes regards désapprobateurs.

Mais d'un autre côté, je réprouve encore plus ce pseudo-militantisme, cette méthode de contestation prônant la désobéissance civile en vue de faire changer les choses, et je trouve que le fait de s'en enorgueillir est purement puéril. Accomplir des actes publics, aussi non violents soient-ils mais assurément très provocateurs, est un procédé résolument archaïque et improductif. Dès lors, les pseudo-revendications du mouvement de "Lalla W'Mali" n'auront alors aucun impact positif, mais elles soulèveront inexorablement la colère et l'opposition des masses fortement attachées à la morale religieuse.

Et je le dis et je le répète haut et fort : liberté individuelles et libertés de conscience ne veulent pas dire je-m’en-foutisme ni égoïsme. Aller jusqu’à ériger le je-m’en-foutisme en attitude intellectuelle cohérente face à des valeurs et morales sociales, aussi liberticides puissent-elles être jugées par cette minorité, j'avoue que ça me dépasse complètement.