05 octobre 2009
Des p'tits trous, des p'tits trous, toujours des p'tits trous
Cet été, un ami français était venu faire du tourisme à Marrakech.
Pendant un trajet en voiture, et tout le long d'une ancienne muraille,
mon ami m'a fait la remarque suivante :
- A quoi peuvent bien servir ces petits trous qu'on peut voir tout au long des vieilles murailles au Maroc ?
Je lui ai répondu :
- Bof, j'en sais trop rien, et puis faut pas en faire tout un gruyère...
Quelques éclats de rire...mais la question subsistait, implacablement, sans réponse.
Alors
à quoi peuvent/pouvaient bien servir ces foutus petits trous qu'on peut
apercevoir le long des anciennes murailles marocaines ?
Quelques mois plus tard, un ami architecte me donna l'explication suivante :
la technique de construction des murailles au Maroc s'appelle le Pisé, système constructif en terre crue.
Les trous correspondent à l'emplacement des troncs d'arbres ou aux pieux qui ont servi pour la conception du mur.
Une fois un niveau fini, on passe au niveau suivant...et donc plus de troncs.
Ces trous ne pouvaient être colmatés avant de monter au niveau supérieur.
Mais
ces trous jouent également plusieurs rôles : en tant que régulateur
thermique,et c'est grâce à eux que les phénomènes de dilatation sont
régis. Les petits trous font donc office de joints de dilatation. Ils assurent par ailleurs la stabilité de l'ensemble. Enfin,
mais ce n'est pas sûr, ces trous servent à laisser passer les eaux,
aussi bien celles des remontées capillaires que les eaux de pluies.
La
terre avec laquelle sont construites les murailles s'appelle
"lmkhamra", un peu comme la pâte à pain qu'on laisse lever, mais avec
de la chaux toutefois. Et pour le cas de la muraille de Rabat, il y
avait aussi la pierre de Salé concassée (une sorte de poussière).
Nos
ancêtres étaient assez futés : sûrement que la première fois qu'ils ont
essayé une plus grande hauteur, la muraille a du s'effondrer. Du coup
ils ont cherché comment résoudre ce phénomène.
Certains disent
même que ce matériau de construction serait "vivant", en quelque sorte,
et que ces trous lui permettent de "respirer".
03 octobre 2009
Hymen artificiel en vente au Maroc ?
Je viens de lire avec stupéfaction dans certains forums de discussion
que les Chinois (ou les Japonais, info à vérifier) auraient inventé et
commercialisé un hymen artificiel, une sorte de membrane avec une poche
de liquide rouge ressemblant au sang, qui explose lors de rapports
sexuels, et donnant une impression de défloration.
Ce gadget
destiné à jeter de la poudre aux yeux et à établir une virginité
artificielle, pourrait être commercialisé au Maroc ainsi qu'aux autres
pays arabes où la virginité féminine est le "centre" de la question
maritale.
Plutôt que d'inventer ce gadget digne des plus grands
effets spéciaux hollywoodiens, je pense que que nos amis
extrême-orientaux auraient pu penser à commercialiser des cerveaux sous
emballage cellophané dans les rayons surgelés des supermarchés, comme
ça le foutage de gueule aurait été plus "extrême".
28 septembre 2009
La "Darija", une langue à part entière ?
La réponse est toute simple : Non.
La darija ou les differents dialectes darija parlés au Maroc, qu'elle soit celle du nord, de
l'oriental, du centre, du sud n'est pas une langue à part entière.
C'est un dialecte issu d'un patchwork de plusieurs langues : arabe
classique, amazigh, français, espagnol et portugais (eu égard aux
différentes cultures ayant peuplé le Maroc à travers l'histoire).
Le
hassani, dialecte parlé par les tribus sahraouies, n'est pas non plus
une langue à part entière. Les dialectes egyptien, chami, lybien,
libanais etc...ne sont pas non plus des langues à part entière.
Une langue est parlée, lue et écrite au niveau d'un (ou de plusieurs
pays. Elle est codifiée (grammaire, dictionnaire), uniforme (lue et
écrite de la même manière quelque soit le lieu) et elle est directement
liée à une culture (littérature).
Un dialecte est une variante de la langue utilisée dans une région ou dans un pays.
Certains
pensent que le choix du terme (dialecte, langue) sous-entend une
position politique : les termes "langue" ou "dialecte" ne seront pas
utilisés de la même manière par un linguiste, un représentant d'un État
ou membre d'une minorité linguistique.
Il ne faut pas se leurrer :
Est
ce que la darija est codifiée ? A-t-elle un dictionnaire ? Y'a -t-il
une académie nationale de la darija ?(me parlez surtout pas du dico
darija de casafree ou d'autres initiatives personnelles très
incomplètes, ici il est question de dictionnaire officiel, tel que
celui des éditions Larousse, Le Robert etc...)
A-t-elle un alphabet ? Et si on en créée un spécialement pour elle, pour lequel opter ? L'alphabet arabe, latin ou celui-ci ?
A-t-elle
une grammaire ? Des règles de conjugaison ? (surtout lorsqu'on se rend
compte que dans certaines régions comme Doukkala on utilise "khoudih",
"koulih" aussi bien pour le masculin que le féminin )
La
darija est-elle uniforme, c'est-à-dire écrite et lue de la même
manière, quelle que soit la région où elle est parlée ? (en fait la
darija n'est pas seulement un dialecte, mais plusieurs dialectes,
parlés différemment dans les régions du Maroc)
La darija,
a-t-elle une littérature ? (et là je parle de littérature abondante, et
non de proverbes populaire, ni des poèmes de Sidi Abderahman Lmejdoub,
ni de malhoun, ni des articles de Rachid Nini, et encore moins ceux de
la revue "Nichane")
Et ensuite, quel est le sous-bassement
politique de ceux qui revendiquent l'instauration du dialecte darija en
tant que langue ? Car à moins d'être membre d'une communauté
linguistique voire ethnique revendiquant le droit à une certaine
autonomie, je ne vois vraiment pas l'intérêt d'octroyer le statut de
langue (à part entière comme l'estiment certains) à ce dialecte. A
moins que ce ne soit l'éviction pure et simple de l'arabe classique, ce
qui saute encore plus aux yeux malgré les intentions peu avouables de
ces revendications.
Finalement, les dialectes darija n'ont certainement pas les attributs leur
permettant de prétendre s'affirmer en tant que langue à part entière,
mais ils n'en demeurent pas moins d'une utilité certaine : celle de
permettre la communication entres des millions de marocains. Ne créons
pas de complexe d'infériorité vis à vis de notre mode de communication
"national" dans cette fausse dichotomie entre dialecte "bâtard" et
langue "noble".
Pourquoi les films marocains ne sont-ils pas édités en DVD ?
A part "Ali Zaoua", "Marock" (qui reste une co-production franco-marocaine) et "Whatever Lola Wants" (et d'autres titres piratés qui circulent sous le manteau), je n'ai encore pas eu vent d'une sortie "officielle" d'un film marocain en DVD.
Je pense que des films comme "Poupées de roseau" de Jilali Ferhati, "Badis" de Mohamed Abderrahman Tazi, "Une porte sur le ciel" de Farida Belyazid, pour ne citer que ces trois, mériteraient bien une édition DVD pour que la jeune génération puisse découvrir ces petits bijoux de la cinématographie marocaine.
De quoi ont-ils peur ? Craignent-ils le piratage ?
En tout cas, personnellement, j'en achèterais par pur chauvinisme, à la condition que le prix du DVD ne dépasse pas la barre des 150 DH.
21 septembre 2009
Joyeuse Fête d'Aid El Fitr 1430
3id moubarak sa3id à tous les marocains, toutes préférences médiatiques, orientations sexuelles, confessions, irréligions, et tous pourcentages confondus.









